Dualisme foncier et conflits territoriaux dans le département de la Haute-Sanaga (Cameroun)
Le foncier représente au Cameroun près de 85 % des affaires judiciaires : il est devenu, depuis l’ordonnance de 1974, le principal lieu d’expression des tensions entre l’État, les communautés rurales, les agro-industries et les élites politico-administratives. Comment le dualisme du système foncier camerounais, caractérisé par la coexistence du droit moderne et du droit coutumier, contribue-t-il à la persistance des conflits territoriaux dans le département de la Haute-Sanaga ? À partir d’une articulation des théories des parties prenantes, des communs et de la gouvernance polycentrique, des maîtrises foncières et du néo-institutionnalisme, cet article analyse le dualisme du système foncier dans la Haute-Sanaga sur la base d’une enquête menée entre 2021 et 2025. Il met en évidence des mécanismes de cession parallèles, une captation élitaire systémique, des conflits multiscalaires et le cas SOSUCAM, qui a fait l’objet d’un recours auprès du Point de contact national de l’OCDE. Il conclut, au regard des critères de justice, de développement et de sécurité, à la nécessité d’une gouvernance foncière responsable, en prolongement des recommandations de la Semaine du foncier 2024 et de la réforme du 1er avril 2026.
