La parole contre le fusil
Ce texte analyse les mécanismes de médiation foncière au Sud-Kivu (RDC), où la terre est avant tout une appartenance lignagère et non un simple titre juridique. Il décrit les principaux acteurs — autorités coutumières (Mwami), comités étatiques (CPCF), ONG locales et internationales, agences onusiennes — et leurs méthodes respectives (palabre, cliniques juridiques, théâtre participatif, cartographie participative). Des cas concrets illustrent l’efficacité de ces dispositifs pour les litiges de voisinage, les successions et les retours de déplacés. Toutefois, le bilan est nuancé : la médiation reste fragile, sans mécanisme d’exécution contraignant, vulnérable à la capture par les élites et totalement inopérante face aux groupes armés, comme le M23. La loi foncière de décembre 2025 offre une ouverture, mais son application reste conditionnée à une paix que la région n’a pas encore trouvée. La médiation est présentée comme un outil de gestion pragmatique des conflits locaux, nécessaire, mais insuffisant sans réforme agraire, sécuritaire et institutionnelle plus profonde.
