La dépossession foncière à Mbobero au Sud-Kivu
Les populations du village de Mbobero, au Sud-Kivu, ont été victimes d’accaparement de terre par une élite politique, action considérée comme le fait de recourir à des moyens opaques, à la contrainte ou à la manipulation des ambiguïtés historiques, normatives ou institutionnelles pour acquérir une étendue de terre. Cette situation a suscité des tensions et mouvements de contestation de la part des victimes. Cette étude a comme objectif d’évaluer l’impact de cette dépossession ainsi que la résilience des victimes. L’observation, les entretiens et les focus groups couplés à la documentation constituent la méthodologie dans cette étude. Les résultats démontrent l’opacité du Code foncier rural, la complicité de certains chefs coutumiers, la recherche des terres par tous les moyens, ainsi que la faiblesse de la justice comme grands enjeux de cette dépossession. Les conséquences se traduisent par la perte des terres, ainsi que par des conflits internes (habitants entre eux, habitants contre chefs coutumiers). Certaines victimes se sont contentées de pots-de-vin, d’autres se sont réfugiées dans les familles des proches en attendant une réparation future, d’autres encore ont jugé se résigner, craignant le pouvoir du nouvel acquéreur, l’ancien chef de l’État.
