Le Mwami sans terres

Par Auguste Mwilo-Mwihi Watuta
Français

La terre constitue un enjeu autour duquel des individus et des peuples se mobilisent et s’affrontent. Dans certaines contrées de la RD Congo, elle confère souvent une identité au peuple. Dans ce pays, le Mwami, l’autorité coutumière, est reconnu et s’étend sur des espaces bien délimités. Le Mwami est le chef coutumier, appelé aussi chef traditionnel. Cette appellation s’applique actuellement sur toutes les autorités désignées selon la coutume locale et dont le pouvoir est souvent héréditaire. Il s’agit du chef de chefferie, du chef de groupement et du chef de village. Les politiciens et hommes d’affaires se servent de cette autorité dans diverses circonstances. C’est à travers l’autorité traditionnelle que les hommes politiques et les hommes d’affaires cherchent à obtenir, de gré ou de force, des terres rurales, au détriment des paysans, propriétaires fonciers. Mais la riposte paysanne à la rareté des terres arables, des pâturages et des espaces exploitables, économiquement très rentables, est déconcertante pour les uns et les autres. Le chef coutumier n’a plus l’autorité de vendre les terres et tout acte qu’il poserait dans ce sens est révocable par son peuple, ou susceptible de déclencher des conflits. C’est en ces termes que de nouveaux conflits fonciers se déclenchent dans la province du Sud-Kivu.

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