Exploitation minière industrielle au Sud-Kivu dans l’Est de la République démocratique du Congo : effets pervers et stratégies locales de résistance

Par Prudence Nshokano Mwiha, Ghislain Kabumba R. Baderha, Jules Barhalengehwa Basimine
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Dans la région de Mwenga, au Sud-Kivu, l’établissement progressif des entreprises minières à grande échelle (surtout chinoises depuis 2020) se fait fréquemment sans une véritable consultation des populations locales. Cette recherche examine les conséquences néfastes de cette transition extractive, marquée par une détérioration environnementale grave, la dépossession des terres agricoles et l’éviction des mineurs artisanaux de leurs lieux traditionnels. À l’aide d’une méthodologie qualitative comprenant 50 entretiens semi-structurés et deux groupes de discussion à Kitutu et Kamituga, l’étude met en lumière la variété des modes de contestation citoyenne : sit-in, pétitions et actions judiciaires. Les résultats montrent une dualité intrinsèque de l’État : bien que les institutions officielles cherchent à justifier ces investissements pour des raisons de développement, la réaction tangible face aux contestations se manifeste fréquemment par une répression violente ou par l’engagement des acteurs publics dans les activités illégales. L’article aborde l’effet contradictoire des systèmes de traçabilité (International Tin Supply Chain Initiative – ITSCI), qui, en cherchant à promouvoir la transparence, peuvent parfois aggraver l’exclusion socio-économique des communautés locales. La recherche conclut sur l’émergence d’une « citoyenneté foncière », où la gestion des ressources naturelles se transforme en axe central de nouvelles revendications politiques et sociales dans l’Est de la République démocratique (RD) du Congo.

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