Adaptation au changement climatique à travers l’aménagement d’une ceinture verte à Ouagadougou
La croissance urbaine « accélérée » de Ouagadougou et la vulnérabilité climatique du Burkina Faso rendent nécessaire l’exploration de solutions fondées sur la nature. La Ceinture verte, instaurée en 1976 et relancée en 2018, combine aujourd’hui aménagements forestiers et agriculture urbaine, avec pour ambition de contenir l’étalement, améliorer le climat local et renforcer la résilience de la capitale. Ce travail mobilise une double approche : une analyse diachronique d’images Landsat (1984-2024) et des entretiens conduits auprès d’acteurs institutionnels, de partenaires associatifs et de bénéficiaires directs. Les résultats montrent des apports significatifs : progression de la végétation dense sur certaines portions, amélioration perçue de la qualité de l’air, création d’activités maraîchères génératrices de revenus et insertion de populations vulnérables. Ils révèlent aussi des contraintes fortes : occupations illégales représentant une part importante des emprises, gouvernance fragmentée, accès limité à l’eau, fragilité sécuritaire et implication encore restreinte des riverains. Le travail discute enfin la faisabilité d’une trajectoire à l’horizon 2050, entre scénario optimiste conditionné à des réformes structurelles et scénario critique soulignant les limites actuelles, et propose des enseignements transférables aux politiques d’adaptation urbaine dans les métropoles sahéliennes.
