Lutte contre la corruption au Burkina Faso et réformes de la gestion budgétaire

Réformes des finances publiques africaines et nouveaux dispositifs de l'aide et d'allégement de la dette : risques et opportunités
Par Clara Delavallade
Français

Résumé

Les réformes de la gestion budgétaire au Burkina Faso visent un renforcement de la transparence du processus budgétaire et une plus grande rationalisation de la gestion, qui passe par une réduction du pouvoir discrétionnaire des fonctionnaires dans l’allocation des crédits. Évaluer la capacité des réformes de la gestion budgétaire à lutter efficacement contre la corruption au Burkina Faso soulève deux interrogations. Une plus grande transparence permet-elle effectivement de réduire le pouvoir de monopole et les marges de manœuvre des fonctionnaires et d’accroître la probabilité de détection de la corruption ? Dans quelle mesure la concentration du pouvoir politique freine-t-elle les capacités de contrôle de la corruption par la population ? La réduction des marges de manœuvre et le renforcement de la transparence dans les choix budgétaires permettent certes d’accroître dans l’immédiat la probabilité de détection de la corruption. Mais à terme, l’absence de contrôle réel – par la population locale ou par des organismes indépendants - est intégrée par les agents, ce qui fait chuter la probabilité de détection. Les bénéfices des réformes en termes de lutte contre la corruption au Burkina Faso risquent donc d’être réduits à néant par la concentration du pouvoir politique et l’absence de contrôle, et ce d’autant plus que l’application de la sanction est défaillante.

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